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La Cité, lassitude chez les fans de Gemmell ou renouveau grâce à sa femme ?

La Cité de Stella Gemmell Publié par Bragelonne le 27 Septembre 2013 Genre: Fantasy Pages: 704

La Cité de Stella Gemmell
Publié par Bragelonne le 27 Septembre 2013
Genre: Fantasy
Pages: 704

Construite sur des milliers d’années, faite d’une multitude de niveaux, la Cité est aussi vaste qu’ancienne. Au fil des siècles, elle s’est étendue au-delà de ses remparts, menaçant sans cesse les royaumes voisins. Au cœur de la Cité réside le sanguinaire Empereur, dont le visage reste un mystère et que la mort même semble craindre : certains vont jusqu’à douter de son humanité.

Une poignée de rebelles espérant mettre fin à ce règne de terreur placent leurs espoirs en un seul homme, dont le nom sonne comme une légende : Shuskara. Celui qui fut autrefois le général favori de l’Empereur. Un homme respecté, capable de provoquer un soulèvement et d’unir la Cité. Mais aussi un criminel trahi, emprisonné et torturé avant de disparaître…

La Cité est grande, la Cité est puissante, la Cité a marqué l’histoire et la Cité… est en anglais. Oui, j’ai lu ce pavé de 700 pages en anglais pour tenter l’expérience. Même si j’ai l’habitude de travailler dans cette langue, je n’avais jamais lu de gros bouquin en VO. Et pour une première, j’avais visé assez haut. Il faut dire qu’en tombant sur le livre lors d’un voyage à Manchester, le simple nom de Gemmell sur la couverture a suffi pour me convaincre de l’acheter. Mais… n’avais-je pas dit que j’avais déjà tous les Gemmell ? Exact ! Sauf qu’il ne s’agit pas ici du défunt David Gemmell (ou David Gmail pour les plus modernes d’entre nous), mais de sa femme Stella. J’avoue que j’étais très curieux au sujet de ce livre. J’adore tellement le style du légendaire auteur de Fantasy que je me demandais ce que sa femme allait pouvoir faire de son nom, si ce n’est recevoir une pluie de critique plus ou moins gratuites du genre « c’est pas mal mais c’est pas aussi bien que quand c’était lui qui écrivait ». Et honnêtement, je m’attendais à être déçu. Parce qu’après avoir lu trente livres de David Gemmell, la simple mention de son nom est une garantie de qualité. Cela dit, sa femme avait co-écrit avec lui le troisième et dernier tome de sa saga Troie, et personne ne s’en était plaint. Alors, La Cité, pâle imitation de style ou pari réussi ?

Autant vous donner la réponse tout de suite : aucun des deux ! Passé la barrière de la langue (et ça a été très éprouvant au début), le style littéraire se dévoile. Et, oh surprise, Stella Gemmell n’a pas cherché à imiter le style de son époux mais a écrit une histoire dans son propre style. Et ça marche très bien ! Cela la met à l’abri des critiques comparatives et permet de juger son récit de façon plus objective. Je n’avais jamais mis autant de temps à lire un livre alors que j’y accordais presque tout mon temps libre. Passer sur une seule œuvre plus d’une dizaine d’heures, voire d’une vingtaine peut-être, c’était pour moi impensable. Mais il m’a fallu du temps pour me faire au style, pour m’approprier le monde de l’auteure, et pour régulièrement faire quelques recherches de vocabulaire parce que bon, le but était aussi de me faire travailler la langue. Bref avec autant de temps passé dessus je peux vous dire que je suis bien apte à en parler !

Difficile cependant de vous raconter l’histoire en elle-même pour plusieurs raisons : nous la suivons grâce à plusieurs personnages qui, s’ils se retrouveront à la fin, sont pour la plupart du temps séparés. Du coup, le narrateur voyage beaucoup pour nous raconter les aventures de tout ce beau monde et il faut faire attention à ne pas se mélanger entre les changements de point de vue et les flash-backs. Autre raison, le scénario est complexe ! C’est très élaboré (quand je vous dis que c’était long à lire en anglais…), très développé, tout un complot a été mis en place au sein de la Cité et vous n’en découvrirez les ficelles qu’à la fin (ou pas, d’ailleurs). En fait, ce livre est une saga à lui seul. Quand vous le refermez, vous avez l’impression d’avoir lu trois tomes d’une série d’un coup. Il s’y passe tant de choses ! Les six premiers chapitres se concentrent sur des éléments différents de l’intrigue, sur des périodes de la vie des personnages, et préparent trèèès progressivement les événements qui ont lieu dans l’ultime chapitre, le septième donc. Et du coup, est-ce trop long ? Même pas ! Chaque chapitre raconte sa propre histoire et a son lot de péripéties. Du début à la fin, tout tourne autour de la Cité, de sa création à sa croissance, et de son apogée à sa chute. Honnêtement, quand j’ai terminé le premier chapitre, j’avais déjà l’impression d’avoir terminé un livre tellement c’était complet, prenant et bien mené.

Stella Gemmell a réussi à construire son propre univers en se basant sur son propre style et nous livre (ah ah) un récit colossal. Et le tout sans que la lecture soit laborieuse ni lassante ! Finalement, ma seule déception concernera la toute fin que j’ai trouvée trop neutre. Après réflexion, il est possible que les subtilités d’un scénario aussi élaboré m’aient échappé et que relire les dernières dizaines de pages en français me ferait changer d’avis. À voir… En tout cas, si vous aimez la Fantasy je vous recommande vivement ce bouquin dantesque. Vous aimez les héros légendaires ? Vous en aurez. Vous aimez les soldats courageux et bourrés de testostérone ? Vous en aurez. Vous préférez les femmes guerrières émancipées ? Vous serez servi aussi. Et si vous aimez les romances en pleine guerre, les intrigues politiques, les armes blanches, la magie (à petite dose), les ambiances oppressantes, les héros jeunes et faibles qui luttent pour survivre, les méchants charismatiques et impressionnants, et Jean passe… vous aurez tout ! Sauf Jean, personne ne s’appelle comme ça dans le livre.

Je ne sais pas si c’est le fait de lire en anglais qui a forcé mon cerveau à travailler beaucoup plus pour imaginer les scènes et les décors ou si c’est tout simplement la qualité de la plume de Stella Gemmell, mais j’ai vraiment été impressionné par La Cité. Et comme il est disponible en français, vous n’avez pas d’excuse pour ne pas vous plonger dans cette épopée épique ! (Je sais, une épopée est déjà épique en soit, mais là c’est encore au-dessus !)



EN BREF : Loin d’être un simple ersatz, la Cité est un récit Fantasy de dingue. Certes, ce n’est pas du David Gemmell, c’est réellement différent, mais si vous le lisez pour ce qu’il est, une œuvre à part entière, indépendante, vous ne serez pas déçu.


identicon

Kaelin

Moi, c'est Kaelin Chariakin. Mix improbable entre un chef Rigante et une légendaire Marchombre. Grand amateur de citations et étudiant en littérature (après m'être assuré que les études d'ingénieur n'étaient pas des études de lettres, oui, j'aime bien vérifier les choses par moi-même), les livres ont toujours été plus ou moins présents dans ma vie.


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