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House of Cards, coups de poker à la Maison Blanche

HoC

House of Cards
Diffusé par Netflix Depuis le 1er février 2013
Genres: Politique, Pouvoir, Thriller
Episodes: 3 Saisons de 13 épisodes (Saison 4 en cours)
Format: 52 minutes
Avec: Kevin Spacey, Robin Wright, Kate Mara, Corey Stoll, Kristen Connolly

Frank Underwood, homme politique rusé et vieux briscard de Washington, est prêt à tout pour conquérir le poste « suprême »…

La politique m’ennuie à mourir, vraiment. Alors une série sur la politique… je n’étais honnêtement pas intéressé. Mais ma professeure de Civilisation américaine a conseillé de se pencher sur House of Cards pour apprendre plus facilement le fonctionnement des institutions du pays. Toujours qu’à moitié convaincu, je me suis dit que je pouvais quand même tenter le coup. Regarder une série en anglais pour travailler à la fois la langue et mon cours, c’est toujours ça de pris après tout. Mais si en plus la série en question est géniale… c’est le jackpot !

Et que dire si ce n’est qu’en effet, cette série est un carton plein ? (plein de bonnes choses, soyez-en sûr) Il faut admettre qu’avec un acteur principal aussi charismatique et taillé pour le rôle que Kevin Spacey, il aurait fallu de très mauvais auteurs pour gâcher cela. Heureusement, là aussi, c’est une réussite totale. Si le fil rouge de la série (l’ascension politique de Frank Underwood) est assez simple, la façon dont chaque étape est atteinte est le fruit de machinations complexes qui demandent de rester concentré constamment (surtout en anglais, vous en conviendrez). Pour faire simple, voilà l’idée : le nouveau Président des États-Unis Garrett Walker vient d’être élu, principalement grâce à Frank Underwood à qui il avait promis en guise de remerciement le poste de Secrétaire d’État. Mais, après réflexion, ce cher Walker (à ne pas confondre avec Texas Ranger) va commettre la plus grosse erreur de sa vie : se mettre à dos le politicien le plus dangereux de la Maison Blanche en ne tenant pas sa promesse. Résultat, notre ami Frank n’est pas content, vraiment pas, et est bien décidé à faire tomber les uns après les autres tous ceux qui travaillent pour le Président, jusqu’à obtenir ce qui lui était dû.

Les rebondissements sont nombreux, les épisodes restent dynamiques grâce aux nouveaux personnages régulièrement ajoutés, et les stratégies de Frank Underwood épaulé par sa femme sont bluffantes. Ne croyez pas pour autant qu’il est un génie absolu et infaillible, car dans le monde impitoyable de la politique personne n’a vraiment les mains propres, surtout pas Francis (de son vrai nom). C’est de là que vient souvent le suspens. Même s’il s’en sort très bien la plupart du temps, il n’a pas pour autant toujours toutes les cartes en main et il arrive que la situation échappe largement à son contrôle, ce qui peut aller jusqu’à causer des crises à l’échelle nationale (je vous rappelle qu’il s’agit de la Maison Blanche quand même !). Un faux-pas de trop, et tous ses efforts seraient réduits à néant. Mais il faut savoir prendre des risques quand le jeu en vaut la chandelle.

Au-delà de l’excellent jeu d’acteur global, et en particulier la performance fantastique de Kevin Spacey, deux autres éléments ont rendu House of Cards fascinante à mes yeux. La plus évidente d’abord : la rupture du quatrième mur. À l’instar de Deadpool (c’est à la mode d’en parler ces derniers temps), Frank Underwood tourne régulièrement la tête vers nous pour nous détailler ses pensées, clarifier un élément important, annoncer ce qu’il va faire ou tout simplement se confier. Un procédé tout simple à l’effet saisissant tant la moindre information peut avoir une importance cruciale dans la série. Être les confidents d’une terreur de la politique a un côté extatique, on croirait presque participer à l’élaboration des plans qui feront tomber les prochaines cibles de Frank. Le plus fort, c’est qu’au bout d’un moment il ne s’agira que d’un regard ou d’une mimique à notre encontre et l’effet sera d’autant plus réussi, comme si à force une relation de complicité s’était développée entre le spectateur et l’acteur. L’ensemble est très immersif et m’a carrément donné l’impression d’apprendre la politique à la dure. Ah, en parlant d’apprendre, j’ai effectivement appris beaucoup de choses sur les institutions américaines. La série ne prend pas le temps de nous les expliquer (avoir quelques connaissances de base n’est pas indispensable mais permet de mieux tout apprécier) mais nous montre leur fonctionnement de l’intérieur de façon très crédible et intéressante.

Revenons de suite à ce deuxième élément qui fait que je vous vends House of Cards comme si j’en étais le producteur : la qualité de l’écriture des dialogues. Épisode après épisode, je suis resté scotché par des punchlines de folies. Tapez « House of Cards quotes » dans Google et vous comprendrez tout de suite de quoi je parle en lisant quelques-unes de ces pépites. Qu’il s’agisse des monologues de Frank ou des dialogues pleins d’enjeux, les personnages livrent des joutes verbales d’une précision remarquable et qui finissent souvent par une phrase que vous méditerez un moment. Un exemple ? “The gift of a good liar is making people believe you lack a talent for lying.” (« Le don d’un bon menteur c’est de réussir à faire croire aux autres qu’il manque de talent pour mentir »). Je vous laisse là-dessus, je ne ferai pas mieux !


EN BREF : Un must-see intense. Ne comptez pas regarder House of Cards pour vous détendre sous peine de vite perdre le fil. Soyez prêt à vous plonger dans une œuvre magistrale qui vous mettra de sacrées claques à chaque épisode.


HoCq

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Kaelin

Moi, c'est Kaelin Chariakin. Mix improbable entre un chef Rigante et une légendaire Marchombre. Grand amateur de citations et étudiant en littérature (après m'être assuré que les études d'ingénieur n'étaient pas des études de lettres, oui, j'aime bien vérifier les choses par moi-même), les livres ont toujours été plus ou moins présents dans ma vie.


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3 commentaires

  1. Un de mes frère est un grand fan de la série, mais pour le moment je résiste (le thème ne m’inspirait pas vraiment) Mais là je sens qu’à force de la voir passer sur Netlix à chaque fois que je me connecte dessus je ne vais pas tarder à céder (bon ça et tout les bons avis dessus). On m’aura à l’usure ^^

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